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  • Un soir à Ithaque

    Je suis sur un banc, assise à ses côtés. Lui qui aurait pu être mon père.
    Nous sommes tous les deux à Ithaque pour une retraite d’écrivains. Il a tenu à me faire découvrir ce bar en bord de méditerranée. Nous y avons passé une soirée délicieuse à rire, parler, chanter et danser même. Les calamars étaient succulents, l’ouzo a coulé à flots, peut-être un peu trop. Quand le bar a fermé, aucun de nous deux ne voulait que la soirée se termine. Alors nous avons marché le long de la côte avant de nous poser sur un banc face à la mer.
    Nous sommes sur ce banc, les yeux perdus dans l’eau qui miroite sous la pleine lune. Et nous continuons à parler, de nous, de notre passé. Nous sommes comme deux amis qui se sont perdus de vue et qui veulent rattraper le temps perdu. Il évoque un souvenir douloureux. Alors, nous faisons une pause et nous regardons la mer. Le temps s’étire.
    La conversation reprend, doucement. Nos voix sont feutrées, à peine un murmure…
    Une brise se lève. Je frissonne un peu.
    « Vous n’avez plus votre étole ?
    – Ah ! non, j’ai dû la laisser au bar
    – Attendez. » Il prend le pull qu’il portait négligemment sur ses épaules. Et avant que je n’aie le temps de réagir, il le pose sur moi.
    Sa main effleure mon bras.
    Je frissonne à nouveau, mais pas de froid cette fois.
    Sans trop y réfléchir, je me rapproche de lui. Il ne dit rien et laisse son bras, là sur moi. Je me rapproche encore, me blottis contre lui.
    Il soupire.
    « Écoutez… » Il cherche ses mots. Je pense savoir ce qu’il va dire. J’attends.
    « Je suis trop vieux pour vous. »
    Voilà, il l’a dit. Il l’avait déjà dit autrement, mais…
    « Vous voulez dire que je suis trop jeune ?
    – oui, aussi… vous pourriez être ma fille
    – Mais je ne le suis pas, pas si jeune, pas votre fille… »
    Le silence retombe. Il ne me repousse pas, je prends cela comme un signe. Je pose ma main sur sa cuisse, délicatement. J’ai peur de l’effrayer.
    Sa voix est un peu plus rauque quand il me dit : « regardez-moi. »
    Je tourne la tête vers lui.
    « Que voyez-vous ? »
    Je parcours son visage des yeux, à la faveur de la lune, je vois ses cheveux poivre et sel, plus de sel que de poivre, son visage buriné, ses yeux si doux, sa bouche. J’ai envie de cette bouche.
    « Alors ?
    – Je vois une bouche que j’ai envie d’embrasser.
    – Vraiment ? Vous dites ça pour faire plaisir à un vieux monsieur… » Son ton est un peu triste, chargé de regrets.
    Je n’hésite plus, je l’embrasse.

    Il semble surpris par mon geste. J’ai posé un baiser chaste sur ses lèvres et je me suis reculée, juste un peu. Sa main s’est un peu crispée sur mon épaule, comme s’il se retenait de me tirer à lui. Nos visages sont si proches, nos souffles se mêlent.
    Il faut que je lui laisse le choix maintenant.
    J’attends dans cet instant suspendu, j’attends qu’il me repousse, me dise encore que je suis trop jeune, qu’il ne peut pas, qu’il n’ose pas…
    J’attends, une main sur sa poitrine. Je sens sous mes doigts son cœur battre la chamade.
    Il pose une main sur ma joue « Tina… »
    Sa voix est chargée de regrets, encore.
    Une pointe de douleur acérée entre mes côtes, il va dire non. Je me prépare à l’impact de son rejet. Je ferme les yeux.
    Un doigt passe sur mes lèvres, lentement. Je retiens mon souffle.
    Des lèvres, les siennes, j’attends encore.
    Sa bouche est toujours contre la mienne. Une langue, la sienne, je l’accueille. Notre chaste baiser devient vite langoureux. Il me presse contre lui, ou est-ce moi qui me presse pour épouser son corps ? Et puis, me voilà assise à califourchon sur lui, sa tête entre mes mains, ses mains à lui dans mon dos, sur mes fesses, mes cuisses. Il quitte mes lèvres pour embrasser mon cou. Il s’empare d’un sein à travers ma blouse et murmure mon prénom comme une incantation. Je caresse ses épaules, sa nuque, sa tête, toute partie de lui que je peux atteindre. J’ai envie de lui là, maintenant, sur ce banc avec la méditerranée pour témoin.
    Il se redresse, passe une main dans ses cheveux « qu’est-ce que tu me fais faire ? » Ah, on passe au tutoiement…
    « J’ai envie de toi, maintenant…
    – Oui je sais, mais pas ici. Allons à l’hôtel, je m’occuperai de toi, tu verras.
    – Vraiment ?
    – Vraiment. »
    Il m’aide à me lever. Il m’embrasse « ah, Tina. » Il me serre contre lui. Nous restons debout un moment dans les bras l’un de l’autre, sans un mot. J’ai l’impression d’avoir toujours appartenu à ces bras.

    Nous marchons en silence vers l’hôtel. Des émotions se présentent à moi et défilent, le doute, l’incrédulité, la joie, le désir. Et la peur. La peur qu’il change d’avis sur le court trajet. Il attrape ma main dans la sienne. A-t-il senti ma peur ? Cherche-t-il à se rassurer lui ?
    Nous sommes arrivés. « Allons dans ma chambre. » Son sourire est un peu triste. Je me maudis intérieurement et pourtant je l’arrête devant la porte. « Tu… on n’est pas obligés. Si tu préfères, on en reste là…
    – Tu… tu ne veux plus ?
    – Non, enfin si ! Je ne voudrais pas te forcer la main… c’est tout. »
    Sa réponse est sans appel, il me plaque contre le mur à côté de la porte et m’embrasse. Ah, ce baiser ! Et son corps contre le mien… Il recule, son sourire n’est plus triste, oh non. Un bras passé à ma taille, il déverrouille maladroitement la porte puis me tire à sa suite dans la chambre.
    Il me lâche le temps d’ouvrir le lit, d’en repousser les couvertures. « Allonge-toi. »
    Je m’assois sur le bord du lit et commence à défaire mes sandales.
    « Non, laisse, allonge-toi. »
    Je m’allonge sans un mot, le souffle court.
    Il s’assoit à mes pieds. « Ma charmante amie, je vais m’occuper de toi. »
    Il dénoue les brides de mes sandales, me déchausse.
    « Ah, ne bouge pas, je reviens. »
    Il va dans la salle de bain, j’entends de l’eau couler.
    Il revient, s’assoie à nouveau à mes côtés et pose les mains sur mes chevilles. Elles sont légèrement humides. Je suppose qu’il s’est lavé les mains.
    Ses mains qu’il est en train de remonter le long de mes jambes, mes cuisses. Il retrousse ma jupe jusqu’à la taille et dévoile ma petite culotte, une culotte très sage, en coton, noire. Il continue sa progression vers le haut, remonte ma blouse et me l’enlève. Ma poitrine est nue, offerte à son regard.
    Il murmure : « ah, oui, tu ne portes pas de soutien-gorge. » Je souris. Il pose une main sur chaque sein. Je le regarde, fascinée par ses mouvements doux de ses mains tannées sur ma peau caramel. Il est plus ferme maintenant. Je retiens un hoquet quand il prend un sein dans sa bouche. Puis je me laisse aller à la caresse de sa bouche, à ses succions légères. Il s’occupe d’un sein plus de l’autre, ses mains et sa bouche m’arrachent de petits gémissements. Il semble prendre autant de plaisir que moi si j’en crois ses petits bruits de gorge. J’adore qu’on s’occupe ainsi de mes seins, je le lui avais confié. Je pense qu’il s’en souvient, car il continue ses caresses, ses pressions, ses succions, encore et encore. Un moment qui s’étire à l’infini et mon désir qui monte. Je me sais à la porte de l’orgasme. Ma voix est basse, étranglée quand je lui dis : « vous allez me faire jouir des seins, mon ami. » Il me regarde, un sein dans la bouche il me sourit et reprend son ouvrage de plus belle . Et… ah, oui la vague est là.
    Agrippée à ses épaules, je feule, je m’arque quand la déferlante m’engloutit.
    J’ouvre les yeux que je ne savais pas avoir fermés. Il est au-dessus de moi, la mine réjouie. « Je peux continuer… plus bas ou tu préfères faire une pause ?
    – Continue. »
    Il sourit encore plus largement : « tes désirs ma chère Tina… »
    Il dénoue la ceinture qui retient ma jupe. Je soulève un peu les fesses pour l’aider à l’enlever. Il passe la main sur ma culotte, je frémis.
    Il enlève ma culotte.
    Il s’installe au-dessus moi puis sans tergiverser, il embouche mon clitoris. Des décharges de plaisir me transpercent. Et tout devient flou. Suce-t-il ? lèche-t-il ? Je n’en sais rien. Je sais juste que c’est bon. Mon clitoris, mes lèvres, ma rosette, cette impression que sa langue est partout à la fois. Est-ce un doigt en moi ? Ah, oui, deux même ! Je me trémousse et je prends ses doigts autant qu’ils me prennent. Il en présente un à l’entrée de mon cul, je le prends aussi. Sa bouche sur l’intérieur de mes cuisses. Il me mord doucement. Il s’est souvenu de ça aussi ! Ses doigts continuent leur danse dans mon intimité et sur mon clitoris tandis qu’il alterne morsures et baisers. J’emplis la chambre de mes soupirs, de mes petits cris à chaque morsure. Et je sens, je sens grandir en moi cette sensation… Et je sais, oui, je sais ! je le lui dis, je le lui cris même, que je viens, qu’il ne doit pas arrêter !
    Il n’arrête pas, oh non, il n’arrête pas. Mais, une sensation nouvelle, c’est différent cette fois. Oui, je… Oh ! Cette fois, je suis la vague et j’inonde son visage alors qu’un orgasme me traverse. Il soupire mon nom et plaque sa bouche sur moi pour recueillir l’eau de ma source.
    Il continue des caresses plus douces alors que je redescends. Puis il s’allonge à mes côtés. Il attire à lui mon corps nu encore tremblant. Il me glisse à l’oreille, « tu m’as fait un beau cadeau. »
    Je suis bien incapable de dire un mot, je me blottis contre lui. « Attends. » Il s’assoit, se déshabille rapidement et se recouche en tirant la couverture à nous. « Repose-toi ma douce. » Je glisse dans un doux sommeil, le corps rassasié.

    Je suis réveillée par le soleil qui filtre à travers les persiennes. Il est là. Il dort encore. Il a repoussé la couverture. Je regarde son torse, son visage, je vois les marques du temps, son corps de vieux monsieur… Délicatement, je pose une main sur son cœur, sous mes doigts, ses poils argentés. Je veux découvrir ce corps et l’aimer. Je me surprends à sourire alors que j’imagine ce que je pourrai lui faire. J’espère simplement qu’il acceptera, qu’il comprendra que pour moi, il est un tout et que je voudrais tout de lui, ses mots, son humour, son sourire, ses yeux sur moi, son corps sous moi.
    Je me recouche contre lui en rêvant qu’il comprend et accepte.

  • Remembrance 14.1

    Je me souviens du jour où je t’ai dit Mais tu vas te décider à m’enculer oui ou non ? Ta langue était sur ma rosette depuis une éternité, c’était délicieux, mais… Tout au début de notre histoire, j’avais été très franche J’aime bien la sodomie, mais il faut que ça soit fort, limite brutal. Tu t’y pliais volontiers à en juger ta mine réjouie quand après une intromossion bien appliquée, tu m’enlaçais tendrement. Cette fois-là, je ne sais pour quelle raison, tu me faisais attendre. Certes, j’avais déjà joui, par ta langue. Tu savais si bien y faire. Mais, j’en voulais plus, oui, j’en voulais plus. La tête enfouie dans l’oreiller, je t’ai offert mon cul. Et pour être certaine que tu comprennes qu’il était temps que tu me prennes, j’ai écarté mes fesses avec les mains. Et j’ai fait palpiter ma rosette. Je voulais que tu la voies et que tu n’ai de cesses de jouer avec elle. Tu as mis tes doigts dans ma chatte à nouveau, j’ai eu peur un instant que tu refuses de me prendre le cul. Puis d’un doigt bien appliqué, tu as massé mon œillet. Ah, c’était un bon début ! Mes ronronnements ont enflé quand tu m’as prise avec ta langue. Mes mouvements de bassin accompagnaient cette langue dressée qui me pénétrait sans relâche. Tu l’as remplacée par un doigt, puis deux. Je trépignais, me tortillais sur eux. Et toi, mon vilain, tu les enlevais, tu me présentais ton gland, et tu les mettais à nouveau. Ah, tu t’es amusé à me faire espérer encore et encore ! As-tu entendu quand j’ai râlé dans mon oreiller ? Tu vas me rendre folle. Et puis s’en fut trop, j’ai crié mais encule-moi bon sang ! Vas-y ! à fond !  Tu es alors entrée en moi d’un mouvement ample et ferme. Oui, tu m’as prise, ah oui tu m’as prise. C’était tellement bon que j’en ai pleuré.

    J’ignore bien sûr si tu te rappelles de tout cela. Mais moi oui, je m’en souviens encore.

     

     

    J’ai revisité cette remembrance avec les encouragements de l’auteur. Le texte d’origine est ici :  https://jules-fontaine.blog4ever.com/remembrances-14

    Divagations rouge

     

  • Nosto algos

    Ami, tu te souviens ?
    Cette soirée à Ithaque
    Ah, nous étions si bien
    Les embruns, le ressac…

    Un dîner d’écrivains
    Le bar au bord de l’eau
    Les calamars, le vin
    Il faisait chaud et beau.

    C’était un soir d’été
    Un moment enchanté
    Nous avons parlé, ri !
    Nous nous sommes tant souri.

    Le bar qui ferme, déjà !
    Nous marchons sur la côte
    Et nous nous posons là,
    Un banc. La mer est haute.

    Nous parlons de vos vies
    De nos amours d’antan
    Nous confions nos envies,
    Projets pour le présent.

    La méditerranée
    Nous écoute digresser
    Une brise s’est levée
    Elle me fait frissonner.

    Je n’ai pas mon étole
    Ta main effleure ma peau
    Tu poses sur mon épaule
    Ton mérinos bien chaud.

    Dans le soudain silence
    Ton corps si près du mien
    Je soupire et je pense
    Peut-être qu’il voudrait bien…

    Tu es si près de moi…
    Ma tête sur ton épaule
    Je ressens ton émoi
    Lorsque ta main me frôle.

    Un moment suspendu
    Quand pour nous tu décides
    Ton temps est révolu.
    Ah ! tu te penses lucide.

    Que m’importe ton âge !
    Je prends doucement ta main
    La pose sur mon corsage
    Lui indique le chemin.

    Tu hésites un instant
    Tu cherches sur mon visage
    Tu es sure ? Oui, vraiment.
    Mon désir sans ambages.

    Ami, tu te souviens
    De ce premier baiser,
    Combien on était bien,
    Combien on s’est aimés ?

    Divagations

  • Prévention

    Dans les textes publiés ici, dans certains cas les personnages ont des relations sexuelles non protégées. On pourrait penser que je me le permets, car oui, c’est moi qui décide, pas eux… je crois. On pourrait penser donc qu’ils ne se protègent pas contre les infections sexuellement transmissibles (IST), car nous sommes dans le registre du fantasme. Ce n’est pas le cas. Mes personnages sont des adultes responsables. Ils assument leur sexualité, ils la vivent pleinement, de manière éclairée. Mes personnages font des dépistages fréquents et s’assurent que leurs partenaires en font aussi.

    J’arrête là avant de devenir sentencieuse.

    Je vous propose quelques liens qui approfondissent le sujet.

    Questions fréquentes sur les IST

    Où et comment de se faire dépister

     

    elle hughes sFU3 fwZ6nQ unsplash 

  • La photo

    J’ai reçu une photo envoyée par un homme, 
    Non pas une dickpic, cet homme en fait pas ça. 
    Non, il ne fait pas ça, enfin, pas avec moi.

    Ses cheveux frissonnants, chiffonnés par le vent
    Une crinière, un peu de sel, reflets argent
    Un peu de cernes, des yeux cajous épinglent mon âme

    Une moustache, a-t-il un bouc ? Ça lui irait.
    Et une bouche, juste rosée, lèvres serrées
    Et une écharpe, bien enroulée, lui mange le cou.

    J’ai reçu une photo envoyée par cet homme
    J’ai vu cette photo et je me suis enfuie
    Puis je suis revenue. Une seconde photo…

    Ah, il sourit. Et ce sourire, comme une promesse
    Des yeux qui brillent, des yeux complices qui me caressent
    Il a un bouc sous cette écharpe, j’en suis certaine

    Et cette bouche, ah cette bouche, ma perdition
    Une lèvre pulpeuse, l’autre un peu moins, toutes deux unies
    En un sourire des plus charmants, des plus tentants.

    Une seconde photo et mon monde s’écroule
    Je ne sais qui que quoi, je suis perdue, je crois
    Ce n’est qu’une photo ? Non c’est bien plus que ça.

    Pourquoi ne pas rester dans cet anonymat
    Qui permet bien des choses affranchies des diktats ?
    Avec cette photo, il s’incarne devant moi.

    Il entre dans ma vie comme nul autre avant lui
    Avec ces deux photos, je ne peux ignorer
    Qu’il est grand temps pour moi d’avoir peur pour mon âme.

     

    Divagations

     

  • Repassage

    C’est le matin déjà et j’ai un rendez-vous. Un rendez-vous secret avec mon voisin. Pourquoi secret ? Parce qu’il ne le sait pas, mais tous les matins, je le regarde en buvant mon café noir, debout dans la pénombre, à la fenêtre de mon salon.

    Tous les matins, mon voisin repasse. Il repasse une chemise. Une chemise blanche. Puis il repart s’habiller…dans sa chambre, je suppose.

    Vous vous demandez bien pourquoi je vous raconte cela. J’y arrive, patientez.

    Je vais vous décrire ce que je vois depuis ma fenêtre.

    Imaginez, un homme entre deux âges, dans son salon, la table à repasser perpendiculaire à la fenêtre. L’homme porte un peignoir. La chemise attend sur la table à repasser.

    Pendant que le fer chauffe, le voisin prend son téléphone. Il le compulse avec attention. Et comme tous les matins, un frémissement sous son peignoir.

    De profil, je n’ai aucun doute, sur ce qui se passe sous ce peignoir. Non, aucun.

    Comme tous les matins, il commence son repassage. Puis, son peignoir s’entrouvre un peu, au gré de ses mouvements.

    Et tous les matins, une légère déception, quand il ajuste son peignoir, le resserre.

    Tous les matins, sauf ce matin.

    Ce matin, il ne referme pas son peignoir. Non, ce matin, il le laisse bâiller.

    Mon café à la main, je n’ose plus bouger. Je retiens mon souffle.

    Il a fini son repassage. Il reste debout quelques instants. Puis, il dénoue son peignoir avec une lenteur qui semble délibérée.

    Surprise par le changement de script, je pose ma tasse.

    La ceinture du peignoir tombe sur les côtés. Il écarte les pans et le maintien ouvert, les mains sur les hanches.

    Est-ce qu’à ce moment, je ne vois plus que son membre érigé ? Oui. Mon regard reste fixé sur cette partie de son corps. La seule que je puisse voir depuis ma fenêtre.

    Suis-je émue ? Oui, je le concède.

    Et comme hypnotisée, je le suis du regard alors que mon voisin se tourne vers la fenêtre, vers moi.

    Je retiens un mouvement de recul.

    À quoi bon ?

    Il sait que je suis là.

    Un peu inquiète, je regarde son visage.

    Il sourit.

    Ah. Très bien. Il sourit.

    Il me fait un signe de la main, comme pour dire bonjour. Je réponds, un tantinet gênée. Et je me demande, comment il peut me voir, alors je n’ai pas allumé. Mais déjà il s’en va. Il attrape sa chemise et quitte son salon.

    Je reprends mon café, il est froid. Comment savait-il que j’étais là ? Je regarde derrière moi. Ah, bien entendu, mon nouvel aquarium dont la lumière se déclenche tous les jours à 7 h. Une lumière suffisante pour surligner ma silhouette à la fenêtre…

     

    Sur inspiration du texte d’un joueur parisien.

     

  • Performances

    Performance

    à Camille

    Y arriverais-je seulement ?
    Cette question qui me tue
    Cette question qui me serre
    Et le cœur, les tripes.

    Je voudrais la faire jouir
    Par mon corps, par mes mains
    Par ma bouche, par ma queue
    Y arriverais-je seulement ?

    Elle en a connu d’autres
    D’autres mains, d’autres bouches
    Serais-je à la hauteur ?
    Y arriverais-je seulement ?

    Elle me regarde doucement
    Car elle sait que je doute
    Mais comprend-elle seulement
    Combien la peur m’étrangle.

    Peur de la décevoir
    Peur d’être moins que les autres
    Peur d’un « c’est pas si grave »
    Si mon corps fait défaut.

    J’ai peur devant ce corps
    Qu’elle m’offre sans retenue
    J’ai peur. Y arriverais-je ?
    Elle me parle, que dit-elle ?

    Oser c’est vivre ?
    Et bien, osons
    Et bien, vivons.

     

     

     

     

     

     

  • La rencontre

    « Raconte-moi, je t’écoute. » Voilà comment j’ai commencé. Elle hésite encore, je suis pourtant certaine qu’elle veut me raconter. Qu’elle veut que j’écrive son souvenir pour qu’il ne soit pas oublié. Mais pour que j’écrive, il faut qu’elle le raconte.
    Elle touche son verre de bière, le soulève légèrement. Elle le repose et elle commence.

    Lui et moi, on s’est écrit un peu, comme tu le sais déjà. Nos échanges tellement doux et pleins de confidences. On a parlé de sexe, mais aussi d’autres choses. On s’est dit des choses jamais dites à personne, une intimité partagée.
    C’était fort.
    Et puis il y a eu ce soir, après le hammam, tu te souviens du hammam ? Je lui ai écrit.
    Au début, tu sais, je pensais que j’allais juste lui envoyer un texte un peu sexy, évocateur, mais sans plus. J’étais fatiguée après notre journée, détendue par le hammam et le massage. Je voulais dormir tôt cette nuit-là.
    Donc, un texte court et ensuite, dodo, telles étaient mes intentions. Je me suis allongée sur le lit, et j’ai commencé à écrire.

    Elle s’arrête, un sourire sur ses lèvres, un sourire retenu. Puis elle reprend.

    En fait, de texte anodin… il m’a mise sur une piste et… nous nous sommes écrit une histoire un peu… nous avons… nous nous sommes aimés par écrit cette nuit-là. C’était très érotique et très doux encore. Et…

    Elle prend une inspiration.

    Je me suis caressée pendant qu’on écrivait, lui aussi, je crois. Et je lui ai demandé de m’envoyer une photo, de… de son sexe en érection.
    Il a hésité.
    Je ne sais pas pourquoi j’ai demandé, l’excitation, sans doute.
    Et la fatigue aussi. Tu sais comment je suis quand je suis fatiguée, je ne filtre pas.
    Donc j’ai demandé.
    Et je me suis endormie.
    Quelques minutes.
    Juste quelques minutes.
    Je me suis réveillée en sursaut. La lumière du téléphone illuminait doucement la chambre.
    Une photo.
    Mon cœur a fait un bon, je t’assure. J’ai cliqué pour que la photo s’affiche.
    Il… ah, il avait accédé à ma demande. Juste après mon microsommeil.
    J’avais dormi, quoi, dix minutes. Dix minutes pendant lesquelles il a dû être à l’agonie. J’ai été horrifié de l’avoir involontairement laissé dans le doute.
    Je me suis excusée, platement.
    Puis je l’ai remercié, chaleureusement.
    Nous nous sommes dit au revoir ensuite, doucement.
    Et je me suis endormie, le sourire aux lèvres. C’est cliché, je sais, mais…
    Je ne vais pas entrer dans les détails.
    Les jours qui ont suivi, ou plutôt les nuits, j’ai très peu dormi. Nous passions une ou deux heures par nuit à nous écrire. Des indécences pour reprendre ton expression. C’était tellement doux et profond. J’étais troublé, tu le sais, j’étais troublée.
    J’ai voulu le rencontrer. Je ne voulais pas reproduire les erreurs du passé, rester dans le virtuel complètement. Je voulais le voir, le toucher, le sentir. Il a accepté. Le temps que ça se fasse, un mois est passé, un mois d’échanges les plus fous, les plus doux, les plus intenses. Quelques photos aussi. Des bouts de nous.
    Une main.
    Une chaussure.
    Une cravate.
    Photos bien anodines, puis… un sein, une poitrine, un caleçon, des bas… C’était doux et tellement naturel…

    Elle fait une pause et je vois dans ses yeux qu’elle revoit ces photos.

    Au début, il ne voulait pas qu’on se voie, puis il a dit oui.
    A-t-il cédé, je ne crois pas, je ne pense pas avoir insisté. C’est drôle comme il a commencé par me dire qu’on pourrait se voir, pas longtemps, le temps de prendre un verre et puis, finalement, un peu plus longtemps, il quitterait plus tôt son rendez-vous pro. Je n’ai pas relevé, mais j’ai trouvé ça mignon.
    Et le temps passait, lentement. J’essayais tant bien que mal de ne pas me projeter. Il essayait aussi, je crois.
    Et le jour J est arrivé.
    Jusqu’au dernier moment, j’ai cru qu’il ne viendrait pas, qu’il invoquerait une complication au boulot ou autre. Je ne lui ai pas dit ça. Je ne lui ai pas dit que je me suis couchée persuadée que j’étais qu’il ne viendrait pas.
    Il a envoyé un message pour me dire qu’il était en route. Je me suis levée, un peu affolée, je me suis habillée simplement, jean, chemisier, escarpins. Je ne voulais pas d’enjeu dans cette rencontre, je voulais juste le voir et confirmer mon ressenti.
    J’ai marché jusqu’au café où nous avions rendez-vous. Je suis arrivée la première. Le café était fermé. J’en ai ri.
    J’ai commencé à imaginer un plan B en l’attendant devant ce café, il faisait bon, la nuit était agréable, pas trop froide pour une nuit de décembre. L’attente était…
    Une voiture s’arrête, il en descend. Mon cœur s’est mis à battre la chamade, je te jure.
    C’était juste… c’était trop pour moi. Nous nous sommes fait la bise. J’ai parlé du café fermé, nous avons ri, je crois. Et j’ai proposé de nous rendre à un bar que j’avais croisé auparavant. Il m’a suivie.
    Ce bar était un peu quelconque, mais il avait le mérite d’être ouvert. Nous avons pris un café pour moi, un thé vert pour lui. Je ne parlais pas beaucoup, je l’observais surtout et j’essayais de comprendre pourquoi il m’attirait autant. Il a cru que j’étais déçu. Il me l’a dit après. Mais non sur le moment, je n’étais pas déçue, simplement dépassée par ce que je ressentais.
    Le café était bruyant, un peu trop chaud. Il a proposé que nous sortions, que nous marchions un peu. J’ai accepté. Alors que nous sortions, j’ai vu le patron du café qui nous suivait du regard. J’imagine ce qu’il a dû se dire.
    Et nous avons marché, parlé un peu, plaisanté un peu aussi. Je n’osais lui proposer d’aller dans ma chambre, je ne voulais pas brusquer les choses, qu’il se sente obligé alors qu’il m’avait fait part de ses réticences par écrit.
    Et pourtant j’avais envie de le lui proposer.
    C’est lui qui a débloqué la situation. Il m’a demandé si nous n’irions pas prendre une tisane de thym. C’était une petite blague entre nous.
    J’ai répondu que oui.
    Nous voilà dans ma chambre. J’étais un peu gênée, tu sais, j’étais tellement certaine qu’il ne viendrait pas que je n’avais pas rangé avant de sortir le rejoindre. Et puis la chambre était petite, minuscule.
    Tu l’as bien décrite dans tes poèmes.
    J’ai vite ramassé ce qui trainait pendant qu’il enlevait son manteau. J’ai rempli la bouilloire pour la tisane. Franchement, j’aurais préféré pouvoir l’accueillir mieux, dans une chambre plus spacieuse, de celle que je retiens d’habitude…
    Mais nous étions là, j’ai fait avec et j’ai poussé cette contrariété au loin.
    Ensuite, et bien, nous avons fait ce que nous nous étions dit.
    Nous avons enlevé nos chaussures et nous sommes assis sur le lit. J’avais laissé la lumière de la salle de bain allumée.
    Il voulait de la pénombre, plus de pénombre.
    Sans trop y réfléchir, j’ai traversé le lit à quatre pattes. Au moment où j’éteignais, je me suis rendu compte que je venais que lui offrir une pleine vue sur mes fesses. Hum.

    Elle sourit, un peu embarrassée.

    Je suis retourné m’assoir à ses côtés, nous avons parlé un peu, je crois.
    Et il a pris ma main.
    Ce premier vrai contact m’a chamboulé. Sa main si douce contre la mienne. Je l’ai laissé faire un moment. Il me fallait un peu de temps pour m’ajuster au déferlement d’émotions que je ressentais.
    Nos mains se sont caressées.
    Ensuite, je te l’avoue, je ne me souviens pas de tous les détails.
    Nous parlions un peu, je n’en suis pas certaine.
    Mon autre main a rejoint la première, je me suis tournée un peu vers lui et j’ai caressé son bras, j’ai déboutonné sa manche et j’ai glissé ma main en dessous.
    Je crois qu’il a posé son autre main sur mon cou. Il m’a caressé l’épaule à travers le tissu. Je voulais qu’il me touche, j’ai enlevé mon chemisier. J’avais un petit top dessous. Pas de soutien-gorge comme tu sais. Il a continué, à me caresser doucement et à me presser aussi. J’ai été surprise au début et puis j’ai aimé ses pressions dans ma chair.
    Je lui ai dit, « je peux » avant de déboutonner sa chemise de quelques boutons. Je voulais le toucher. J’ai glissé ma main sur sa poitrine, ses poils soyeux sous mes doigts.
    Je crois me souvenir que nous avons fait des pauses.
    Je crois que nous avons parlé du fait d’être raisonnables.
    Je crois avoir dit que ce ne serait pas raisonnable s’il baissait la bretelle de mon top.
    ll l’a fait. Je ne sais plus si c’est lui ou si c’est, ou les deux, peu importe qui l’a fait.
    Le haut du top a été descendu et un de mes seins a été libéré.
    Sa main dessus. Un délice, je t’assure.
    C’est peut-être à ce moment-là que j’ai demandé à nouveau « Je peux » et j’ai fini de déboutonner sa chemise.
    Je parcourus son torse de ma main libre.
    Il a pris un sein dans sa bouche. Il a caressé l’autre. Et… sa bouche. J’en ai gémi de plaisir. J’ai eu envie, je t’assure, j’ai eu envie, à ce moment, de m’assoir sur lui.
    Mais je ne voulais pas qu’on aille trop vite, que ce soit trop pour lui.
    Je me suis rappelé ses réticences.
    Alors je me suis retenue.
    Sa bouche qui continuait sur mes seins, ses mains sur moi qui pressaient. Mon corps était arqué vers lui à la limite de la bascule.
    Et il m’a repoussé, doucement.
    « Il faut que vous partiez. » Ce n’était pas une question. Il fallait qu’il parte. Il a parcouru mon corps rapidement, a pressé mes épaules, mon ventre, mes cuisses, pour dire au revoir.
    J’ai rallumé dans la salle de bain, j’ai réchauffé la tisane que nous n’avions pas bue pendant qu’au bord du lit, il ajustait sa chemise.
    Je lui ai servi une tasse. Je me souviens de ce geste complice, quand il a pris la tasse, je me suis appuyé légèrement sur son dos. C’est bête, mais ce petit moment est aussi cher à mes yeux que le reste.
    Puis nous nous sommes levés, il a remis sa veste, un baiser sur la bouche, un baiser léger pour me dire au revoir. Quelques mots et encore un baiser. Et il est parti.

    Elle a fait une longue pause cette fois. J’ai attendu en la regardant, je savais ce qui allait venir. Et je savais aussi que c’est elle qui devait le dire. Alors j’ai attendu et j’ai baisé les yeux. Elle a parlé.

    C’est la seule fois que je l’ai vu. Ensuite, et bien ensuite, des disputes, des complications, des silences, de longs silences. Il a fini par rompre, pour me rendre ma liberté, parce que je serais mieux avec un autre.
    Mais moi, et bien, moi, je ne voulais pas être libre.

    Sa voix s’est étranglée sur ces mots. Je n’ai pas osé la regarder. J’ai posé une main sur la sienne. Je préférais quand elle me racontait ses histoires indécentes.

  • À haute voix

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    Le Nu, lu par Bleue

  • Le nu

    Bleue m’a fait l’immense honneur de lire mon texte. Son interprétation est disponible ici.

     

    Une photo, une simple photo aura tout déclenché.
    Une photo anodine, pour lui probablement
    Mais pour moi, je le crains, il en fut autrement.
    C’était la première fois que je voyais son corps.
    Sa voix, je connaissais, elle me plaisait, je crois.

    Elle me plaisait, c’est sûr, il me plaisait déjà
    Et cette photo, de lui, de son torse découvert.
    Pas de tête, de visage, anonymat oblige.
    Pas de sexe non plus. Non pas de sexe ici
    Un cadrage parfait à la naissance de l’aine.

    J’ai regardé longuement. Et j’ai été surprise,
    Tant je ne pensais pas qu’il allait me céder.
    De simples taquineries, un peu de flirt aussi.
    Non, je ne pensais pas quand j’ai lancé ce jeu.
    Non, je ne pensais pas.

    Et devant cette photo, et bien… je ne pensais plus.

    Je ne pensais plus, ma foi je n’étais plus qu’envies.
    Envie de m’approcher, de sentir son odeur.
    Envie de le toucher, de sentir sa chaleur
    Et d’effleurer sa peau pour en sentir le grain.
    Embrasser ses tétons dressés comme un défi.
    Les rouler sous ma langue et les sucer aussi.
    Oui, ces tétons hardis nichés parmi ses poils.
    Ils semblent doux ses poils, envie de les toucher,
    Envie de caresser, envie encore en vie.

    Non, devant cette photo, ah, non, je ne pensais plus.
    Non, je ne pensais plus, je n’étais que désirs.
    Désir de découvrir ce corps qui m’invitait
    Cet abandon flagrant, cet appel nonchalant
    A me laisser aller et à me joindre à lui,
    Un désir d’accepter et de m’offrir aussi.
    Désir d’abandonner mes préceptes moraux,
    De traverser l’écran, traverser le miroir.
    Désir de me livrer à lui, pieds poings liés,
    Désir de posséder et être possédée.

    Devant cette photo, non, je ne pensais plus.
    Je ne raisonnais plus, il était tentation.
    Et j’étais pécheresse, prompte à tout renier.
    Des envies aux désirs, les dés étaient jetés,
    Par une simple photo, mon sort était fixé.
    Par une simple photo, j’étais en perdition.
    Et plus je regardais et plus je ressentais,
    Sa peau nue sous mes mains, ses tétons sous ma langue
    Son odeur sur moi, partout autour de moi.
    Et moi de regretter qu’il ait si bien cadré.
    Et moi de regretter d’avoir même regardé,
    De l’avoir conservée, cette simple photo.
    Mais trop tard, bien trop tard, les regrets, bien trop tard.

    Sa peau nue sous ma main, non, je ne pensais plus.
    Ses tétons sous ma langue, je ne raisonnais plus.
    Je regardais toujours. En moi, ce titillement,
    Ma vielle amie perdue qui me rendait visite.
    Oserais-je ?
    Oserais-je regarder ?
    Regarder cette photo, cette simple photo et me … ?
    Oserais-je ?
    Devrais-je le lui dire ?
    Quel est le protocole ?
    « Vous m’avez envoyé une photo et je vais me caresser, si vous y consentez ? »
    Oserais-je seulement ?
    Le lui dire ?
    Et le faire ?
    Il dira oui, je crois… il dira oui, c’est sûr.
    Et alors, oserais-je ?
    Une simple photo, sa peau nue sous ma langue,
    Je ne pense plus qu’à ça.
    Une simple photo, ses tétons sous ma main,
    Je ne veux plus que ça.
    Oserais-je ?

    Un baiser dans son cou pour sentir son odeur.
    Ma bouche qui descend et qui réclame un sein.
    Ma bouche qui suçote et agace un téton.
    Ma langue qui fait le tour et ma bouche qui reprend.
    Ma main qui frôle une côte et se pose sur une taille.
    Mes mains qui se rejoignent, dessinent des arabesques.
    Sa peau qui s’offre à moi, à ma bouche, à mes mains.
    Son corps qu’il m’offre à moi, je le sens sous mes doigts.
    Et sous mes doigts, je sens, mon clito qui se gorge.
    Et sous mes doigts, je sens, ma cyprine qui s’écoule.
    Par une simple photo et par mes doigts agiles,
    Je surfe sur cette vague. Elle est douce, elle est forte.
    Et je ne pense plus, je ne suis plus qu’envie.
    Je ne raisonne plus, je suis que désirs,
    Pour ces seins, ces tétons qui me mettent au défi,
    Pour cette peau qui m’appelle et pour ce corps qui s’offre
    Et la vague qui m’emporte et emporte avec elle
    Tous les doutes, toutes les craintes. Elle m’emporte et m’échoue
    Devant cette photo.
    Une simple photo.
    Je crois que j’ai osé
    Me laisser emporter.